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Révision du PLU de Bagneux : lecture critique d’un document intitulé "Diagnostic territorial et état initial de l’environnement", (première partie)

l’introduction

mercredi 8 juillet 2015

Après l’avoir réclamé avec insistance nous avons enfin obtenu copie électronique du "Diagnostic territorial comprenant l’état initial de l’environnement".

La loi prévoit que ce document qui comprend une analyse détaillée de la réalité territoriale et des évolutions possibles de celle-ci, et inclue donc la présentation d’enjeux, soit partagé par l’ensemble des citoyens.
Ceux ci sont en principe ensuite associés au choix d’orientations présentées dans un Plan d’Aménagement de de Développement Durable, traduit ensuite en Orientations d’Aménagement et de Programmations Particulières (thématiques ou spécifiques à une partie du territoire) et déclinées dans un règlement.

Où en sommes nous de cette démarche ?

Est-ce que le document fourni permet d’envisager de manière démocratique le choix d’orientations de développement durables pertinentes pour le territoire considéré, replacé dans son contexte (i. e. un Territoire de la Métropole de 400.000 habitants au moins) ?

Avant propos

Remarquons pour commencer que le document communiqué vient seulement d’être publié sur le site de la ville alors que les orientations du PADD ont été présentées au Conseil municipal fin mai
Les documents fournis jusque là (à part le diagnostic patrimoine), n’étaient que des "présentations" shématiques et quasiment sans données chiffrées.
Le PADD vient lui aussi d’être mis en ligne avec un contenu légèrement modifié par rapport à ce qui a été présenté en Conseil municipal

Plan du document communiqué

- Une ville en transition
- Un bien commun à révéler
- Une ville pour tous

Sur le premier titre, le contenu des sections révèle que la notion de transition n’est utilisée que dans sons sens le plus trivial d’une ville qui change sans que rien ne fasse allusion à la transition écologique.

Son contenu est en effet décliné en cinq sections :

- Un territoire de renouvellement urbain
- Une diversité de formes urbaines, caractéristique des identités de quartier
- Des ruptures urbaines à atténuer
- Des centralités urbaines en cours de redéfinition
- Des perspectives de renouvellement

Parions que c’est de propos délibéré que la notion de transition est utilisée dans son acception la plus simpliste, ce qui nous permet de lire de manière positive le second titre : Un bien commun à révéler.
Or, ce second titre signifierait que jusque là, le bien commun n’a pas été sérieusement pris en compte par les citoyens... ni même perçu.

Mais avant de développer ce point, voyons de plus près le contenu du titre I

Dès l’introduction nous buttons sur une phrase incompréhensible, même et surtout par un spécialiste :

« Bagneux affirme aujourd’hui la volonté de construire une ville durable dans toutes ses composantes (économique, sociale, environnementale), entraînant ainsi une densification urbaine, et d’adapter les règles d’urbanisme afin de permettre sa mise en œuvre ».

Nous ne comprenons pas pourquoi, hors contexte, « affirmer la volonté de construire une ville durable » impliquerait logiquement « d’adapter les règles d’urbanisme » pour permettre la mise en œuvre de la densification alors que, logiquement, une ville durable pourrait bien être une ville "croissance zéro".

Ce type de raccourci est malheureusement fréquent dans ce "diagnostic".

Vient ensuite l’énoncé des objectifs de la révision du PLU qui se conclut par le paragraphe suivant, qui peut faire consensus :

« L’objectif, pour Bagneux, est de prendre sa place dans la construction d’une métropole parisienne plus équilibrée où les écarts de richesse entre collectivités doivent se réduire. L’engagement de Bagneux est celui d’une ville pour tous, qui se développe sans chasser sa population, en réponse aux besoins franciliens, et en prenant le parti d’un accroissement maîtrisé de sa population, d’un net rééquilibrage en faveur de l’emploi et de l’activité. C’est celui d’une ville qui promeut un développement durable et soutenable, en matière d’énergie comme de déplacements, de biodiversité comme de paysage. L’engagement d’une ville qui recherche la complémentarité des territoires plutôt que leur mise en concurrence et leur spécialisation ».

Mais dans l’énoncé des objectifs de la révision il y a celui-ci qui constitue un "monstre" du point de vue de la logique :
« Préservation et mise en valeur des espaces publics et du patrimoine naturel et bâti afin de maintenir la qualité du cadre de vie » ;

Comment est-il possible de parler de maintenir la qualité du cadre de vie alors que celle-ci est déjà "bien" dégradée au niveau du Territoire, qui aurait dû être pris en compte depuis longtemps (le "contexte") [1], à moins de s’en tenir à une position fortement égocentriste et à courte vue des politiques publiques communales, en refusant de contribuer à l’amélioration de la situation des communes voisines, qui impliquerait un partage de ses propres ressources, tout en affirmant promouvoir "la ville pour tous" c’est à dire en confondant ville et logement.

La remise à niveau du cadre de vie déjà fort dégradé associée à l’objectif d’augmentation de la population, que suggère la notion de densification urbaine  [2] impliquerait l’augmentation forte de la surfaces des espaces verts en pleine terre et non la seule préservation des espaces existants (la multiplication des jardinières suspendues ou des toitures végétalisées sur les bâtiments publics ne sont que des "colifichets").

Le texte se poursuit par "l’examen" des Documents cadres, sans que soient déclinées ni chiffrées les implications de leurs orientations pour le territoire communal ni surtout les conditions qu’ils énoncent.

Un prochain article continuera cette analyse.

Diagnostic et état initial de l’environnement


[1Le Schéma Territorial de la Vallée de la Bièvre a été signé en 2010

[2catégorie trop imprécise et créant de la confusion :
- s’agit-il de construire sur des terrains non encore construits en empêchant la création d’espaces verts,
- d’augmenter la densité des zones déjà construites sans créer d’espaces verts,
- d’augmenter la densité des zones déjà construites et de libérer des espaces pour les renaturer, afin de créer les 10 m² d’espaces verts par habitant, inscrits comme objectif communal au SDRIF ?