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Enquête sur les espaces verts

Combien de m² d’espaces verts par habitant à Bagneux

Introduction et description de la méthode

mardi 20 octobre 2009

Quand nous disons qu’il faut respecter une mixité logements / espaces verts on nous rétorque que des espaces verts, il y en a bien assez à Bagneux et que comparée aux communes voisines, Montrouge, Chatillon, Malakof, et Fontenay aux Roses, Bagneux est plutôt bien placée... Mais nos contradicteurs se gardent de comparer Bagneux à Clamart ou à Sceaux. Il n’est jamais fait mention non plus des moyennes régionales ou nationales et encore moins des normes internationales comme cellle de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Nous avons voulu savoir ce qu’il en était.
Malgré nos recherches nous n’avons pu trouver auprès de l’administration locale de document faisant l’inventaire des espaces verts publics et privés existant dans la ville et indiquant leur surface.
En conséquence, nous avons dû aller voir ce qu’il en était réellement en menant nous-mêmes notre enquête.
Cet article présente la méthode utilisée. L’enquête et les résultats de notre travail seront présentés dans un second article.

1. Avant propos

Si vous avez visité la page du site de la ville de Bagneux qui concerne les espaces verts dans la sous-rubrique cadre de vie de la rubrique pratique vous avez pu lire :

"Avec 47,35 hectares, c’est plus de 11% du territoire communal qui sont occupés par des espaces verts publics.

Cela représente 12,18 m2 par habitant, ce qui n’est pas si fréquent dans les villes de la petite couronne, autour de PARIS.

La richesse du patrimoine vert de Bagneux réside dans sa diversité : Diversité des types d’espaces, diversité des espèces végétales, diversité des modes de gestion et d’entretien.

Cela va des balconnières posées sur les barrières jusqu’aux grands parcs urbains de plusieurs hectares, en passant par les îlots directionnels, les banquettes engazonnées en bordure de rue, les squares, les espaces verts d’écoles et de bâtiments publics, sans oublier les arbres d’alignement."

2. A la recherche des données chiffrées

Nous avons cherché l’origine de ce chiffre de 473500 m² d’espaces verts et n’avons pu découvrir auprès des services administratifs de la ville aucun recencement des espaces verts publics et privés avec indication de leur surface. Il ne nous restait donc qu’à faire ce recencement nous-même. Pour cela nous sommes partis d’une base de données cartographique sur l’utilisation du sol en Ile-de-France qui peut être consultée à partir du site de l’IAURIF (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région Ile de France) : le MOS

"Le MOS (Mode d’Occupation du Sol) est l’atlas cartographique informatisé de l’occupation du sol de l’Ile-de-France.
Actualisé régulièrement depuis sa première édition de 1982, le MOS permet de suivre et d’analyser en détail l’évolution de l’occupation du sol sur tout le territoire régional. [...].
Le premier inventaire complet de l’occupation du sol en Ile-de-France date de 1982. Depuis cette date, le MOS a été mis à jour cinq fois (1987, 1990, 1994, 1999 et 2003).

Grâce à ces mises à jour très régulières et à sa précision à la fois thématique (la nomenclature de base comporte 83 postes de légende) et géométrique (précision du 1/5000) le MOS permet de visualiser et d’analyser en détail les évolutions de l’occupation du sol régional : extension de l’urbanisation, mutation des tissus urbains, transformation des espaces ruraux...

Chaque mise à jour du MOS est établie à partir d’une couverture photographique aérienne complète de l’Ile-de-France et de diverses sources d’information complémentaires (fichiers administratifs, informations adressées par les communes, etc.).
Les informations sur l’occupation du sol régional sont traduites par l’IAU Île-de-France sous forme de cartes ou de tableaux chiffrés (bilans de surfaces) qui peuvent être mis à disposition des collectivités locales ou des services intéressés : consultez le site Internet de l’IAU île-de-France : http://www.iau-idf.fr".

page de présentation de la base MOS

Cette base de données fournit donc des cartes établies à partir de l’examen de photographies aériennes et des données chiffrées. Nous avons utilisé comme point de départ de notre propre enquête la dernière carte publiée, celle de 2003.

Nous avons voulu contrôler cette étude, l’actualiser et produire un résultat chiffré.

3. Mais qu’est-ce qu’un espace vert ?

L’encyclopédie en ligne wikipedia en donne la définition suivante :

Dans les années soixante l’urbanisme est en plein expansion , les jardins sont alors désignés par "espaces verts" car ces sites sont peints en vert sur les plans d’architectes.

Pour être qualifié d’espace vert, un site doit répondre à plusieurs critères informellement définis, mais qui semblent consensuels. Par exemple, il doit être assez grand, être ouvert au public et facilement accessible (un rond-point fleuri n’est pas un espace vert) à pied et généralement en vélo mais non aux engins motorisés. Il est « bien » entretenu et ne doit pas présenter de dangers pour les usagers, enfants en particulier.

Le mot sous-entend une situation en milieu urbain ou péri-urbain, en tout cas en milieu construit. Il peut se trouver au milieu d’une ZAC (Zone d’Aménagement Concerté) ou d’une zone industrielle et peut dans certains cas être une mesure compensatoire liée à un permis de construire.

L’installation d’un espace vert se fait de plus en plus dans un milieu qui en manque pour des raisons écologiques et d’agrément, et peut être décidée autant par les pouvoirs publics (mairie ou communauté de communes le plus souvent) ou par un promoteur immobilier a des fins écologiques et promotionnelles, ou compensatoires obligatoires, ce qui se fait de plus en plus.

La vocation sociale et écologique des espaces verts tend à se développer en recherchant plus de naturalité avec la gestion écologique et donc différenciée, la conservation de bois mort et d’arbres sénescents, la création de cheminements et de plans d’eau moins artificiels, l’abandon des pesticides, l’usage d’essences et d’espèces plus locales et moins horticoles, et une plus grande tolérance à l’égard de la flore sauvage et spontanée, etc.

Certains espaces verts contiennent des arboretums et/ou cherchent à développer une vocation pédagogique, avec par exemple des chronoxyles [1]
ou des fermes pédagogiques.

En conséquence, lors de notre enquênte, nous n’avons pas considéré comme espace vert :

- les terre pleins nus,
- les cours arborées
- les parkings arborés,
- les terrains de sport
- les alignements d’arbres,
- les ronds points.

4. L’enquête de terrain et les calculs faits pour aboutir à un résultat chiffré

Carte en main, nous nous sommes rendus sur place et avons modifié ou supprimé les espaces indiqués comme espaces verts et qui n’en étaient pas et ajouté des espaces verts qui ne figuraient pas sur la carte.

Nous avons ensuite, à partir de la carte ainsi établie et à partir des données sur un espace vert que nous connaissons bien (pour avoir travaillé sur les données fournies par un dossier de division en parcelles comprenant un chiffrage établi par un géomètre), calculé la surface des espaces verts recencés.

Une simple division donne ensuite le nombre de m² d’espaces verts par habitant.


L’enquête détaillée et ses résultats seront présentés dans un prochain article


[1Le mot chronoxyle, ou l’expression monolithe de bois mort, est un néologisme qui désigne :

  • soit de gros et vieux arbres morts ou moribonds, qu’on laisse se décomposer sur pied, souvent après les avoir « mis en sécurité ».
  • soit des pièces de bois agencées et conservées de telle sorte qu’elles constituent au fur et à mesure de leur décomposition une succession d’habitats susceptibles d’abriter la diversité des communautés d’espèces saproxyliques (qui consomment le bois mort ou vivent dessus en épiphytes) et qui sont en forte régression dans les forêts où la sylviculture ne laisse plus que peu de place pour les arbres anciens et les gros bois morts.