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Enquête publique sur le projet de réalisation des voiries du projet de requalification du site des Mathurins — partie 2

Observations de nos trois associations "Habiter la Porte d’en Bas, un quartier, la Ville", "Bagneux Environnement", et "Association Quartier Léon Blum-le Centre"

vendredi 27 janvier 2017

Nous donnons par cet article accès au texte rassemblant un ensemble d’observations, de remarques et de propositions soumises au commissaire enquêteur ayant à donner son avis sur le projet de voirie de la requalification du site des Mathurins et nous commentons le rapport du commissaire enquêteur et les réponses de la commune qui ont été publiés ont été publiées

4. Nos observations générales et nos propositions

Sur le déroulement de la procédure d’élaboration de la décisions de déclaration d’utilité publique

Nous remarquons tout d’abord que La convention cadre programmatique avec le promoteur du site des Mathurins a été signée le jour de l’arrêt du PLU et donc bien avant son approbation, alors qu’il y avait encore discussion sur le contenu du projet (demande de réduction du nombre de logements pour pouvoir agrandir le parc public et ainsi suffisamment augmenter le parc Mitterrand pour en faire un Grand Parc métropolitain).
Un projet d’aménagement et de développement durable alternatif et ses implications avaient été proposés. Le niveau de prise en compte de ces proposition n’était pas encore arrêté, l’enquête publique durant laquelle des observations allaient être formulées, demandant en particulier un réexamen des dispositions déterminant l’aménagement du site, n’ayant pas encore eu lieu et à fortiori les modifications à faire pour tenir compte des remarques et recommandations du Commissaire enquêteur.
L’enquête publique n’est-elle par définition destinée qu’à apporter des retouches à la marge ?

Observations générales sur le schéma d’ensemble de la voirie

Le projet de requalification du site des Mathurins semble pensé autour d’un axe central rectiligne, coupant en son milieu le parc du Belvédère de 2 ha, avec une desserte par bus accédant au Nord du site par l’avenue des Mathurins, depuis les gares des métros du rond point des Martyrs de Chateaubriand, indissociable d’une certaine implantation des grands espaces d’activité, de logement, de la zone commerciale, des services publics...

Or le problème relevé sur le tourne à gauche de l’avenue Albert Petit vers la rue des Mathurins nous semble une raison suffisante pour penser que cet axe seul ne peut être le support de la desserte en bus du site aménagé de cette manière.

Donc avant d’étudier des propositions de trajet de bus et éventuellement d’en faire de nouvelles avant de retenir le parcours de bus le plus adapté, il faut tenter de résoudre les problèmes de voirie en examinant les alternatives, les aménagements possibles et la voirie du site en elle-même.

Puisque nous pensons que la rue des Mathurins ne saurait être le principal et unique accès au Nord du site il nous faut examiner des chemins d’accès parallèles (sachant qu’il en existe deux autres au sud du site).

Il n’est pas certain que le sentier des Monceaux et la rue François Laurent Gibon bordée de constructions et qui lui succède puissent constituer un accès pour le bus au site des Mathurins et ce d’autant plus que ces deux voies n’ont pas de prolongement au-delà de la rue Albert Petit, nous proposons donc la réalisation d’une nouvelle voie parallèle à celle des Mathurin, prolongeant la rue du Clos Lapaume.

Propositions concernant la voirie :

Plan de la voirie correspondant à nos propositions

À ces propositions de création de voirie pour l’accès au Nord du site nous avons ajouté (dans la perspective d’une autre organisation du site), des modifications concernant le tracé de l’axe Nord Sud à l’intérieur du site pour éviter la coupure du parc et établir une meilleure continuité avec le Parc Mitterrand :
- détournement de la voie vers l’Ouest de l’axe central puis redirection vers le Sud à partir du milieu du triangle du lycée pour mieux en permettre sa desserte ;
- suppression de la partie de voirie secondaire qui sépare le parc du Belvédère du Parc Mitterrand
.

Ainsi sur le site quatre voies rendraient possibles les déplacements entre l’Est et l’Ouest et pour la liaison depuis le regroupement des deux voies du Nord (rue des Mathurins et voie nouvelle) jusqu’à la voie principale Est Ouest du site.

Sur la voie nouvelle envisagée dans l’étude d’impact pour permettre la desserte par Bus du site des Mathurins via l’avenue Henri Barbusse

Pour permettre la desserte en bus par le Nord du site qui est estimée être la plus rapide, la création d’une portion de voie reliant le début de la rue du Clos Lapaume côté carrefour Gabriel Péri / Henri Barbusse/ rue des Meuniers à l’allée du Clos Lapaume, en passant au Nord Est du Foyer résidence pour retraités, est présentée dans l’étude d’impact comme nécessaire.

Cette portion de voie à créer présente de nombreux inconvénients  : elle implique la destruction de plusieurs arbres de haute tige, constitutifs d’une haie arborée, près du foyer des retraités et la construction d’une rampe pour rattraper la différence de niveaux entre celui de la voie le long de la Médiathèque et celui de la voie le long de la Maison des Arts. En outre cette voie est insuffisamment large et oblige à une circulation alternée.

Nous nous devons d’insister sur l’impact particulièrement négatif de cette traversée prévue dans cet angle du Parc Richelieu ; en effet les habitants actuels de Bagneux qu’ils en soient voisins ou qu’ils y viennent en se rendant à la Médiathèque, à la Maison de la Musique et de la Danse, et/ou pour s’y promener, s’y reposer ou y faire jouer les enfants, ou s’y rencontrer paisiblement…, trouvent en ces lieux un espace de tranquillité et de nature, distancié des mouvements de circulation. Outre l’aspect patrimonial de ce parc dans l’histoire de la commune, l’attachement des balnéolais à ce site, nous devons faire observer qu’il tient une place indissociable de ce qui forme l’image du centre ville et village ; enfin loin d’être homogène, ce parc en ménageant des espaces très divers, ce qui accentue son caractère paysager, propose des lieux d’accueil différenciés et bien identifiables. Remettre en cause un des points de vue offert en l’ouvrant sur des mouvements de circulation, en dégradant la haie d’arbres qui l’isole de constructions, autrement visibles, et qui lui fournit un cadre presque « naturel », porterait aussi atteinte à ce qui lui donne l’aspect d’un jardin du XVIIIè siècle.

Un autre tracé est envisageable (et a été aussi évoqué dans le cadre de la visite déambulatoire du samedi 29 novembre dernier) pour éviter d’empiéter sur le Parc Richelieu. Depuis la rue du Clos Lapaume la portion de voie rejoindrait le parcours prévu initialement en passant entre le Foyer résidence et les logements de la résidence du clos Lapaume situés face à la Maison des Arts pour arriver face à la rue des Mathurins. Cette option éviterait la mise en place d’une circulation alternée pour le franchissement du passage entre la Maison de retraite et le parc et éviterait la différence de niveau entre le parvis de la Médiathèque et l’allée du Clos Lapaume.

Dans la lettre au commissaire enquêteur nous faisons plusieurs propositions concernant la desserte par bus ainsi qu’une démarche pour trancher entre elles.

La logique à suivre est évidemment celle du développement durable :

Les questions environnementales doivent faire partie des données de conception des projets au même titre que les autres éléments techniques, financiers, etc. Cette conception doit tout d’abord s’attacher à éviter les impacts sur l’environnement, y compris au niveau des choix fondamentaux liés au projet (nature du projet, localisation, voire opportunité). Cette phase est essentielle et préalable à toutes les autres actions consistant à minimiser les impacts environnementaux des projets, c’est-à-dire à réduire au maximum ces impacts et en dernier lieu, si besoin, à compenser les impacts résiduels après évitement et réduction. C’est en ce sens et compte-tenu de cet ordre que l’on parle de "séquence éviter, réduire, compenser"  [1].

L’option 3 est celle qui permet d’éviter le plus d’impacts et qui permet de desservir les deux sites de gares de transports en commun ferrés desservant Bagneux.

L’option 4 que nous préconisons, à défaut de l’option 3, permettrait une réelle « couture » et la liaison au reste du territoire, si elle était combinée à un schéma de la trame verte incluant une sous trame sur le site des Mathurins, différente des projet actuels de boucle des parcs et du parc de 2 ha, en y incluant,
- la transformation de l’avenue Henri Barbusse en voie verte,
- une liaison verte du Parc Mitterrand au parc Richelieu
- et un parc étendant le parc Mitterrand de manière à former un grand parc.

Sur la manière de considérer la requalification du site des Mathurins dans le PLU révisé

Il aurait fallu travailler sur un projet de requalification incluant plus largement les espaces de couture avec les autres quartiers puisque cette inclusion aurait permis une meilleure implantation des constructions projetées en liaison avec les projets d’aménagement proches. Par exemple les locaux pour un grand compte auraient pu être situés à proximité d’une gare.
Dans cette logique l’emprise de l’opération de requalification aurait dû être étendue à des terrains « permettant la réalisation de coutures » avec les autres quartiers de la commune.
En ce qui concerne l’aspect grand compte des activités, son implantation aurait pu être faite bien plus à proximité de transports en communs ferrés. Ce n’est pas parce que le site des Mathurins est un site d’activité historique qu’eut égard à son accessibilité par les transports en commun, il ne faille pas installer une partie de ces activités ailleurs sur le territoire communnal.

Notre conclusion reprend celle de la lettre adressée au commissaire enquêteur qui rappelle que nous ne nous opposons pas au développement de la ville, à celui des activités qui est nécessaire pour assurer l’équilibre emplois / logements et en ce qui est directement en rapport avec cette enquête, la requalification du site des Mathurins..

Mais elle souligne que ce développement ne saurait se faire en accroissant les inégalités et particulièrement les inégalités environnementales, entre les quartiers de la commune et entre la commune et les communes du Territoire Vallée Sud – Grand Paris : des règles existent qui fixent les limites à ne pas dépasser notamment en matière de densification.

Et qu’enfin il faudrait éviter que cette opération de requalification entraîne, par effet de cumul avec le projet de requalification du secteur Blanchard – Croizat – Fortin, un accroissement important de la pollution de l’atmosphère et du bruit, du fait d’une augmentation considérable de la circulation et, en conséquence, une dégradation de la qualité de la vie, dans le quartier du Centre (et ses rues pavillonnaires), traversé par la rue Salvador Allende, et le long de l’avenue Albert Petit... C’est l’une des raisons déterminantes du choix de l’option 3 qui permettrait de diminuer pour une plus grande part les impacts négatif engendrés par la requalification du site des Mathurins.

troisième partie de cet article

Rapport et conclusions de l’enquête publique


[1Site du Ministère de l’Environnement, de l’énergie et de la mer, page : http://www.developpement-durable.gouv.fr/Eviter-reduire-et-compenser-les,46019.html